Qui sont les proches aidants patrimoniaux ?

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MaSuccession parle des aidants familiaux

Etre aidant d’un proche âgé, c’est parfois devoir prendre en charge ses comptes et sa gestion administrative. Ce rôle méconnu a récemment été mis en lumière par l’observatoire APICIL des personnes vulnérables publié en septembre 2019. C’est l’occasion pour MaSuccession.fr de mettre en lumière la situation des contributeurs méconnus.

Parole d’aidant

Je m’appelle Marc, j’ai 53 ans et depuis cinq ans aujourd’hui, je m’occupe des finances de ma mère. Elle a fêté ses 80 ans le mois dernier. Oh, rassurez-vous, elle n’est pas dépendante. Elle n’a pas besoin d’aide pour se lever, faire sa toilette ou la cuisine. Mais depuis la disparition de mon père, elle ne se sent plus capable de s’occuper « des papiers », comme elle dit. C’est donc moi qui m’y colle. Tous les samedi matin, je passe deux ou trois heures à gérer ses comptes, payer ses factures, renouveler les polices d’assurances, déclarer les impôts, etc…

 

J’ai deux frères cadets qui habitent à l’étranger. Nous nous voyons plusieurs fois par an et nos relations sont tièdes. D’un côté ils sont contents que j’aide maman, de l’autre j’ai parfois l’impression qu’ils ne me font pas entièrement confiance et qu’ils pensent que je pourrais profiter de la situation. J’ai malheureusement peur que cela ne s’arrange pas, car maman aimerait bien que je prenne en charge l’épineux dossier de sa succession. Est-ce son récent anniversaire qui lui a donné cette idée, ou bien sa discussion avec notre notaire, je ne saurai dire. Cette perspective m’angoisse vraiment. Je ne suis pas vraiment qualifié pour prendre en charge ce dossier et je ne sais pas non plus à qui m’adresser.  Surtout, j’ai peur que, quels que soient les choix que je fasse pour elle, mes frères et ma famille me reprocheront d’avoir voulu privilégier mes propres intérêts.

 

2 millions d’aidants patrimoniaux 

 

Comme Marc, 2 millions de Français gèrent les finances et le patrimoine de personnes majeures de leur entourage n’ayant plus les capacités de le faire seules. Les aidants réalisant cet accompagnement financier s’occupent quasiment tous de la gestion courante : comptes de la personne, règlement de ses dépenses, etc. Les deux tiers d’entre eux ont déjà souscrit ou modifié un contrat d’assurance pour leur proche et plus d’un tiers ont dû gérer une transaction immobilière ou une succession.

 

Qui sont les proches aidants patrimoniaux ?

 

Selon l’observatoire APICIL des personnes vulnérables publié en septembre 2019, l’aidant patrimonial « type » est un fils ou petit fils âgé de 50 à 64 ans. Il est cadre et aide un seul parent âgé. Il exerce ce rôle depuis cinq ans en moyenne.

 

4 aidants patrimoniaux sur 10 n’ont aucun statut officiel. Leur proche n’a pas été déclaré juridiquement incapable, ils n’ont pas de mandat pour exercer leur gestion patrimoniale « pour compte de tiers ».

 

Cependant, la situation des mandataires professionnels, désignés par le juge des tutelles, n’est guère plus enviable.

 

La situation difficile des mandataires professionnels

 

Chaque mandataire professionnel gère les finances et le patrimoine de 42 adultes incapables. Ils interviennent quotidiennement sur huit actions différentes pour le compte des personnes vulnérables :

  • surveillance et gestion des comptes bancaires,
  • règlement des dépenses,
  • réalisation d’un compte-rendu annuel de gestion et d’un inventaire du patrimoine,
  • souscription ou modification d’un contrat d’assurance,
  • gestion d’une succession,
  • réalisation de placements financiers ou d’une transaction immobilière…

 

La quasi totalité des professionnels (95%) a déjà rencontré au moins une difficulté dans l’exercice de son rôle. Des difficultés en premier lieu dues au manque de temps (74%), de connaissances financières (43%) ou d’accompagnement et de conseil. Comme pour les aidants familiaux, la gestion d’une succession est identifiée comme l’action la plus difficile, suivie par la réalisation d’opérations boursières.

 

Malgré leur investissement et leur professionnalisme, seuls 22% des mandataires professionnels affirment se sentir totalement à l’aise dans leur rôle.

 

Quelles difficultés rencontrent les proches aidants patrimoniaux

 

Les trois principales difficultés des aidants patrimoniaux sont :

  1. Le manque de temps,
  2. L’absence de connaissances financières,
  3. L’insuffisance d’accompagnement.

Le problème des proches aidants en général est aujourd’hui bien connu. Mais le cas particulier des aidants patrimoniaux est moins mis en lumière que les situation d’aide domestique et d’accompagnement dans les déplacements.

 

Pourtant la situation est tout aussi critique, pour des raisons différentes.

 

Comme l’illustre Marc, l’aidant patrimonial n’est pas toujours à l’aise avec les notions financières et la gestion de patrimoine.

 

L’observatoire APICIL révèle ainsi que les actes les plus stressants pour les aidants patrimoniaux sont :

  • la succession pour 40% d’entre eux,
  • l’inventaire du patrimoine de l’aidé (25%)
  • et enfin le compte rendu annuel de gestion (25%).

 

A côté de la gestion financière et administrative courante, l’aidant patrimonial doit également prendre des décisions de gestion sur lesquelles pèse un aléa, comme les opérations boursières et bien sûr les successions. Comment assumer une erreur de gestion qui ferait perdre de l’argent au proche aidé ? Quels mots utiliser pour annoncer la nouvelle à la famille ? Est-ce possible d’éviter une crise familiale ?

 

Puisque son action porte sur les finances et le patrimoine, son intervention peut rapidement devenir « suspect » aux yeux de son entourage familial. Et ses décisions remises en question et ses motivations critiquées.

 

Les successions qui sont souvent des événements familiaux tendus, le seront plus encore lorsque l’un des héritiers a été partie prenante dans la gestion patrimoniale du défunt.

 

Comment éviter ou limiter le problème ?

 

La perte d’autonomie de jugement et de décision, fait générateur de la délégation de la gestion patrimoniale et financière à un proche aidant, peut survenir à tout moment. Nul n’est à l’abri d’un accident ou d’un AVC.

 

Cependant, même si la perte d’autonomie n’est pas systématiquement corrélée à la dépendance et même si la dépendance touche seulement 6% des plus de 60 ans et 20% des plus de 80 ans, la prévalence de la perte d’autonomie augmente avec l’âge.

 

C’est pourquoi il peut être de bon aloi d’anticiper au maximum les décisions de gestion stratégique. Notamment votre succession, en prenant des dispositions préventives qui éviteront bien des tracas à votre famille.

 

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