Peut-on investir dans les cryptomonnaies pour les transmettre à ses héritiers ?

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L’engouement des Français, et en particulier des jeunes, pour les cryptomonnaies n’a cessé de croître jusqu’à l’automne dernier. Beaucoup ont vu dans ces cryptos des supports d’investissement ou de transmission certes risqués, mais profitables. La chute actuelle de leur valeur nous rappelle que, dans tous les cas, ce sont des instruments à haut risque.

Les cryptomonnaies en chute libre

Dans l’édition 2022 de son enquête annuelle sur « Les Français, l’épargne et la retraite », le Cercle des épargnants constatait que plus de la moitié des personnes interrogées, et 81% des jeunes entre 18 et 24 ans, considéraient la cryptomonnaie star, le bitcoin, comme un investissement certes risqué, mais rentable.

Depuis, le bitcoin (BTC) et la plupart des autres cryptomonnaies, telle que l’ethereum (ETH) ont perdu plus de 50% de leur valeur. Les NFT, ces jetons numériques censés représenter des parts d’actifs, eux-mêmes souvent virtuels comme des œuvres d’art digital, se sont également effondrés.

Pas de valeurs refuges

Dans le marché actuel particulièrement incertain à cause de la guerre en Ukraine et de la recrudescence de la COVID en Asie, la chute des cryptomonnaies semble démontrer clairement qu’elles ne sont pas décorrélées des autres marchés financiers. La baisse de 30% du NASDAQ en six mois n’a pas poussé les investisseurs à chercher refuge dans les cryptomonnaies. Au contraire, les institutionnels, qui avaient investi dans le bitcoin pour dynamiser leurs portefeuilles, semblent s’être désinvestis de toutes leurs actifs risqués en même temps.

81% des jeunes considèrent le bitcoin comme un investissementLa réalité est que les cryptomonnaies n’ayant pas d’actif sous-jacent réel sont soumises à la loi de l’offre et de la demande dans sa forme la plus pure. Elles ont donc une longue histoire de volatilité extrême. Par exemple, le bitcoin a perdu près de 80% de sa valeur en 2018 avant de remonter en 2019.

Un marché toujours imprévisible

Faut-il profiter de la baisse des cryptos pour investir ? Après tout, malgré leur volatilité, le bitcoin et l’éther ont considérablement augmenté sur le long terme.

À court terme, il est très difficile de prédire quand les cours atteindront leur plus bas. Suivant l’adage « On ne rattrape pas un couteau qui tombe », il faudrait attendre qu’ils amorcent un plateau.

À long terme également, tout peut arriver. Les gros porteurs très influents (les 100 premiers individuels contrôlent plus de 15% de la capitalisation) contrôlent le marché et défendent leurs positions sans égard pour les petits épargnants. Ainsi le milliardaire Elon Musk, qui prétend acquérir Twitter, a été accusé plusieurs fois de manipuler le cours des cryptomonnaies (bitcoin, dogecoin) par des annonces fracassantes sur ce réseau social.

Attention à la valorisation lors de la succession

Comme nous l’avons déjà souligné, les héritages en cryptomonnaies sont imposables au même titre que toute autre actif successoral.

Lors de la succession, la valeur des avoirs du défunt en cryptomonnaie est estimée au jour du décès pour le partage entre héritiers et pour le calcul des droits de succession. Il sera donc important que les héritiers puissent liquider ces avoirs rapidement, ce qui n’est pas toujours facile. En effet, ils pourraient être en difficulté si la valeur de leur héritage s’effondrait après que les droits de succession ont été fixés.

Dans la même veine, une donation simple de cryptomonnaie pourrait poser un problème pour le donataire si elle était réévaluée au jour du décès pour le partage de la succession à un cours beaucoup plus élevé qu’au jour de la donation.

Conclusion

En conclusion, les cryptomonnaies restent des valeurs spéculatives. Il faut limiter l’investissement dans ces valeurs risquées à l’argent dont on peut se passer à court et à long terme. Leur volatilité peut poser problème en cas de transmission par donation ou succession.

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